vendredi 5 novembre 2004
Syndicat National des Personnels de l’Education Surveillée Protection Judiciaire de la Jeunesse
TOUS EN GREVE LUNDI 15 NOVEMBRE 2004

FEDERATION SYNDICALE UNITAIRE

Les lois Perben I et II, dans le volet concernant la justice des mineurs développent des réponses répressives et carcérales face aux difficultés des jeunes, remettant en cause la priorité accordée à l’éducatif depuis l’ordonnance de 45. L’application de ces lois entraîne une modification des missions éducatives de la PJJ, au profit de mesures d’enfermement , renforcement des mesures de contrôle et de probation ainsi que des peines. Ces orientations se mettent en œuvre au détriment : · des structures existantes : priorité donnée actuellement à la création de postes en CEF, CPI et quartier mineur. Demain, ce sera l’ouverture des EPM. · des personnels : extension de la précarité avec le recrutement prévu de 300 nouveaux contractuels en lieu et place des titulaires ; formation au rabais détournée de sa vocation généraliste. En Aquitaine, l’application de cette politique est bien effective : · un CEF à Mont-de-Marsan · un CPI à Pessac · trois créations de postes d’éducateurs en MA de Gradignan depuis septembre 2004 · les services de milieu ouvert exercent majoritairement des mesures au pénal · hiérarchisation de l’administration locale (trois directeurs à la DD Gironde) · réorganisation des services regroupés en unités où l’affectation des personnels devient aléatoire Si à l’heure actuelle, la présence permanente de la PJJ dans les MA(que nous continuons à dénoncer) est fondée sur le volontariat des personnels , nous n’avons par contre aucune certitude et aucune garantie sur la non-extension de cette mission à d’autres personnels et à d’autres services. En effet, concrètement aujourd’hui, la DD Gironde impose à l’ensemble des personnels du CAE Mérignac une formation obligatoire dite d’adaptation à cette nouvelle mission, d’une durée de 10 jours. Demain, cette formation est susceptible de concerner l’ensemble des personnels. NOUS DEVONS REAGIR !!! · parce-que nous pensons que la PJJ doit rester un SERVICE PUBLIC D’EDUCATION en faveur des jeunes en difficultés · parce-que notre mission consiste à accompagner ces jeunes dans la durée, en prenant en compte leur histoire, leur environnement social et familial. · que les orientations actuelles sont la conséquence de choix idéologiques et politiques aux effets inefficaces et dangereux stigmatisant une partie de la jeunesse.

REFUSONS D’ETRE LES EXECUTANTS DOCILES D’UNE POLITIQUE REPRESSIVE A L’EGARD DES MINEURS.

TOUS EN GREVE LUNDI 15 NOVEMBRE 2004

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jeudi 21 octobre 2004
PROJET DE LOI DE « PREVENTION DE LA DELINQUANCE »
DEMAIN, UNE SOCIETE DE CONTROLE…

par le Collectif toulousain "Résistance à la délation"

Nous sommes tous susceptibles, dans nos vies quotidiennes, de nous adresser à un de ces professionnels : Enseignants, médecins, infirmiers, puéricultrices, aides soignants, assistants de services sociaux, éducateurs spécialisés, animateurs, conseillères en économie sociale et familiale, psychologues, psychiatres, orthophonistes, techniciennes en intervention sociales et familiales, aides ménagères, auxiliaires de vie sociale, etc.

Ce qu’ils savent sur nous, ou que nous leur confions est aujourd’hui protégé par l’éthique, la déontologie ou le secret professionnel. Cela permettait jusqu’à maintenant de garantir à chacun, en toute équité et en toute confiance, une relation pédagogique, d’aide ou de soins. Or, tous ces métiers de l’aide à la personne sont soumis à un nouveau projet de loi de « prévention de la délinquance » qui devrait être présenté au parlement au début de l’automne.

DEMAIN « Tout professionnel intervenant au titre de l’action éducative, sociale ou préventive est tenu d’informer le maire de la commune de résidence de la personne au bénéfice de laquelle il intervient […] de l’action entreprise au bénéfice de cette personne. »

Aussi, toutes les informations concernant les personnes qui rencontrent des difficultés financières, les personnes divorcées, les familles monoparentales, les personnes en difficultés scolaires, en situation de chômage, les bénéficiaires du RMI, de l’allocation adulte handicapé, les patients de psychiatres, de psychologues, de médecins et spécialistes,… devront être communiquées au Maire dans le cadre de cette loi pour prévenir la délinquance. Avec cette loi, tout citoyen peut être soumis au contrôle du maire et être qualifié de délinquant potentiel. La question de la définition de la délinquance se pose !

Dès lors, aucun des professionnels cités ne pourra, sans désobéir à la loi, vous garantir la confidentialité des informations personnelles qui vous concernent. Vous en perdrez aussi la maîtrise.

Sous couvert de prévention, cette loi sonne la fin du travail social, médico-social, et éducatif en supprimant ses valeurs éthiques et déontologiques. C’est la fin de l’intimité des personnes et la systématisation du contrôle au nom du partage de l’information avec le maire, défini par la loi comme « le pilote en matière d’animation et de coordination de la prévention de la délinquance ».

Nous citoyens, parents, professionnels, refusons l’obligation de délation qui anéantit toute politique de prévention et d’accompagnement des personnes. Nous dénonçons tout amalgame entre le champ du social, de l’éducatif, de la santé et le champ répressif et sécuritaire. Le collectif est soutenu par : Collectif Toulouse Libertés, Coll. intersyndical Prévention Spécialisée ;CFDT santé sociaux 31, CNT, FSU (et SNPES-PJJ), SNMPMI, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France, UD CGT (et CGT santé-action sociale, CGT SDEN),Union syndicale Solidaires (et SUD santé-sociaux, SUD éducation, SUD services publics, SUD protection sociale, SUD aménagement et urbanisme) ; Coopérative des élèves du CRF CEMEA, Grisélidis, LDH, MRAP, Ras l’front, SOS Racisme indépendant.

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jeudi 21 octobre 2004
APPEL DU COLLECTIF NATIONAL A LA MOBILISATION

LE VENDREDI 5 NOVEMBRE 2004, JOURNEE DE GREVE ET D’ACTIONS

Le Maire de Tarbes expérimente le projet de loi de Prévention de la délinquance

Le Maire, dans le cadre du Conseil Intercommunal de la Prévention de la Délinquance, met en place des groupes territoriaux (avec Préfecture, Procureur, Mairie, Education Nationale, Police, Bailleurs sociaux, Transports urbains, la Protection Judiciaire de la Jeunesse et le Conseil Général refusent d’y participer). Chacun devant signaler nominativement les familles et mineurs qu’ils jugent en dehors de la normalité sociale, ils établissent une feuille de route pour les « redresser » et retrouver le droit chemin…

Et il organise, le 5 novembre, les premières Assises du grand Sud Ouest pour la Prévention et la sécurité.

Afin de s’opposer à ces expérimentations, de dénoncer ce projet de loi qui s’attaquent à nos libertés de citoyennes et citoyens,

Nous serons tous à Tarbes, avec le collectif 65.

Le vendredi 5 novembre 2004 Rassemblement dès 8 h 30 devant le parc des expositions Boulevard Kennedy à Tarbes

(voir plan d’accès et programme des Assises sur le site www.abri.org/antidelation/ rubrique Hautes-Pyrénées)

Manifestation sonore toute la matinée Pique-nique Echanges inter-collectifs à partir de 14 h et peut-être… accueil des ministres, à partir de 16 h

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jeudi 14 octobre 2004
PRÉVENTION DE LA DÉLINQUANCE

La mobilisation s’organise !

Trente collectifs représentés, des mobilisations locales témoignant de l’enracinement du mouvement : la rencontre nationale organisée contre le projet de loi dit de « prévention de la délinquance » a été un succès.

Alors que Villepin, ministre de l’Intérieur, confirmait la préparation, conjointement au ministre de la Justice, d’un « grand projet de loi de prévention de la délinquance », qui sera déposé en Conseil des ministres en fin d’année, le Collectif national unitaire, créé début 2004, en réaction aux premières moutures de ce texte liberticide et sécuritaire initié par Sarkozy, invitait l’ensemble des collectifs locaux à une journée de débats à Paris samedi 2 octobre. Après une année de mobilisation sans précédent des salariés du secteur social, avec une manifestation rassemblant plus de 20 000 personnes à Paris le 17 mars dernier, les collectifs venaient chercher un second souffle et témoigner des actions locales entreprises et des dynamiques en cours. Les 30 collectifs locaux représentés par une centaine de délégués sont majoritairement composés de syndicats (CGT, FSU, Solidaires), d’associations - telles que la LDH, AC !, l’Association nationale des assistants de service social (ANAS) - et parfois d’autres organisations comme le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, la CNT, la CFDT, la FCPE, le Mrap et de personnes « non organisées ». Les partis politiques y sont très rarement représentés. Les activités principales des collectifs consistent en une diffusion régulière de tracts d’alerte et de pétitions auprès de la population et des professionnels des secteurs pour signaler la dangerosité du projet de loi. Des demandes d’audience sont aussi envoyées aux députés, maires et conseils généraux. Les rares réponses dénient l’existence d’un tel projet, d’autres y sont pour la plupart favorables, seuls des élus communistes écrivent leur hostilité au texte et proposent des rencontres. Plusieurs collectifs (Marne, Tarbes, Loir-et-Cher) sont mobilisés pour faire échec à des dispositifs locaux, qui découlent du projet de loi, entraînant le fichage nominatif et le contrôle social des populations, et que les travailleurs sociaux se voient imposer par des conseils généraux ou des maires. D’autres collectifs dénoncent l’extension des Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) successeurs des fameux Conseils communaux de prévention de la délinquance (CCPD) créés par l’Union de la gauche en 1983. Ils contraignent les travailleurs sociaux à collaborer avec la police et la gendarmerie. À Lyon, la semaine d’action organisée dans le cadre de « 7,8,9 les états généraux du social1 » prévoit une journée de grève et de manifestation le 24 octobre. L’après-midi de ce samedi fut consacré au travail en commissions. La première a permis de repositionner la fonction du travail social, qui est d’accompagner les personnes en difficulté à l’autonomie par l’accès aux droits fondamentaux. Ainsi, la repolitisation de l’intervention des travailleurs sociaux prend tout son sens, et la place de l’« usager » dans les dispositifs d’aide doit être centrale, c’est un gage de démocratie. La deuxième commission a abordé la structuration du mouvement. Les expérimentations imposées par les décideurs locaux précédant l’existence de la loi, le Collectif national deviendrait alors une coordination nationale d’actions. Pour d’autres, le Collectif national étant identifié et reconnu, il a un rôle d’initiateur. L’élargissement du mouvement s’est confronté à deux logiques, l’une considérant qu’il s’agit d’une lutte globale contre les attaques ultralibérales englobant par exemple les chômeurs, l’autre tendant à garantir la lisibilité du mouvement autour de la convergence des luttes. Tous s’accordent à reconnaître l’autonomie de chaque collectif. La troisième commission était chargée des pistes d’action. Plusieurs propositions demandent un matériel minimum commun : affiches, site Internet, temps fort hebdomadaire de distribution de tracts et de signature de pétitions. La question du soutien juridique pour les salariés déposant plainte pour atteinte au secret professionnel et constitution illégale de fichiers reste à exploiter. En session plénière, les délégués ont donné mandat au Collectif national, pour effectuer une demande de rencontre officielle à Villepin, afin d’obtenir le projet de loi, et pour organiser une manifestation nationale avant le dépôt du projet en Conseil des ministres. L’avalanche de lois sécuritaires de ces dernières années a pour but de stigmatiser des populations ciblées, perçues comme classes dangereuses, et d’utiliser comme argumentaire idéologique une montée de la délinquance pour masquer le démantèlement de l’état social. Le traitement social des populations en difficulté nécessiterait une autre politique de services publics, une autre répartition des richesses, mais cela repose sur un autre choix de société. Sarkozy, dans son style provocateur, avec son projet de loi avait lancé un ballon d’essai. La réponse fut adaptée. Villepin avance insidieusement mais avec méthode... Nous serons au rendez-vous !

article tiré du site http://www.lcr-rouge.org

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mardi 12 octobre 2004
"Niquage" de la médecine du travail

la CGT et le PS se sont étonnés d’un décret signé fin juillet par le Gvt. Ce décret torpille la médecine du travail, dont on connaît déjà l’efficacité limitée. Mais est-ce le prélude à une destruction complète de ce moyen de contrôle de la santé des travailleurs ? en effet il suffit de le bordeliser pour ensuite l’achever au prétexte de son inutilité La prochaine cible sera sans doute l’inspection du travail ...

Le décret a été publié fin juillet, très discrètement au Journal Officiel. Il est possible de le consulter en ligne.

Il réduit l’efficacité de la médecine du travail en donnant beaucoup plus de travail aux médecins. On entendra les séides du ci-devant Ernest nous expliquer qu’ils ne sont pas productifs et inutiles ( comprendre : fainéants). Alors que depuis quelques années le taux de maladie professionnelles, de dépression pour harcèlement moral ne cessent de grimper, voilà qu’on casse le thermomètre. Sans doute par refus idéologique : le travail libère l’homme d’après ces libéraux de tout poil, il ne peut donc pas le rendre malade. N’oublions pas qu’il faut libérer les énergies comme le dit EAS.

La CGT critique un "tour de force" de la part du gouvernement : "En un décret, le nombre de médecins du travail déficitaire de plusieurs milliers devient excédentaire et certains services de santé au travail s’apprêtent à supprimer des postes de médecins et de personnels auxiliaires". Le texte "fixe les plafonds, par médecin du travail, du nombre d’établissements qui leur sont affectés, du nombre de salariés en charge, du nombre annuel d’examens médicaux. Il porte également la périodicité des visites médicales de 12 à 24 mois".

Plus le médecin du travail aura de travail de type "examens", moins il pourra utiliser ses autres pouvoirs de visite et de suivi de la qualité du travail. Le médecin du travail est supposé utiliser un 1/3 de son temps à suivre l’organisation du travail et des conditions de travail afin de prévoir les risques en terme de santé.

On suppose que tout cela va faire plaisir au Medef, et à tout ceux qui veulent "déreguler".. on verra les conséquences de tout cela d’ici quelques années. Les mêmes imbéciles ne se demandent pas pourquoi les arrêts maladie ont cru de 50% en 2 ans ? Ils préfèrent contrôler les médecins qui en font "trop", plutôt que de se poser les questions objectives.

Le conseil est donc toujours le même : pour ne pas être désinformé ,Il faut s’abonner au JO par MAIL c’est possible, et ce depuis Jospin : il suffit de se rendre sur le site Legifrance. Le flou idéologique du Gvt, instrumentalisé par le chef de la bande depuis 2002, consiste comme toujours à annoncer devant les caméras de TF1 qu’on fait du social, alors que par derrière, des décrets "coup de pute" sont signés en douce, et sans communication.

par Rva sur http://www.neuneu.org

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mardi 12 octobre 2004
7.8.9. vers les Etats Généraux du Social

D’où vient et que veut cette association ?

Entre le 18 et le 24 octobre 2004, sept jours seront consacrés dans toute la France aux états généraux du social. Qui donc est à l’origine de cette mobilisation ?

L’association porteuse « 7.8.9. vers les états généraux du social » est née à l’automne 2002 d’un appel public dénonçant « une violence qu’on ne peut plus cacher ». Ce texte visait la maltraitance de tous les usagers qui ne sont pas aidés comme ils devraient l’être et les nombreux dysfonctionnements de notre système de solidarité, ses carences graves, notamment du point de vue de sa mise en oeuvre.

Parmi les membres actifs, se trouvent des professionnels, des bénévoles, quelques hauts fonctionnaires, des universitaires, tous citoyens concernés par la question sociale, au quotidien. Un comité de soutien apporte également son concours.

Les professionnels sont tout particulièrement pris dans une tenaille : ils sont en effet souvent rendus responsables de l’aggravation des situations de précarité et de souffrance, alors que leurs conditions de travail sont de plus en plus difficiles. Leur légitimité est remise en question, sans alternative sérieuse. Leurs formations se voient transférées aux régions sans les garanties nécessaires.

La sur-médiatisation de certaines causes ne suffit pas à régler les problèmes des gens. Si la proximité est parfois un bon outil, elle n’est pas une fin en soi. Bien au contraire, tout cela crée de faux espoirs qu’il faut ensuite gérer sur le terrain. De manière générale, l’affirmation des droits des usagers est une indéniable avancée démocratique, mais à condition de se donner les moyens d’une offre diversifiée et qualifiée à la hauteur des besoins, avec une vraie volonté politique à tous les échelons territoriaux. Ce n’est le cas ni en matière de protection de l’enfance et de prévention sociale, ni en faveur des personnes handicapées, ni dans le traitement social de la dépendance des personnes âgées...

Les états généraux que nous avons lancés sont innovants par leur mode d’organisation. Ils mobilisent tout à la fois des techniciens, des usagers et des citoyens intéressés. Ils visent le social tel qu’il est mis en oeuvre, par les institutions sociales et médico-sociales autant que par des professionnels qualifiés avec, en complément, beaucoup de bonne volonté de toutes origines, par défaut le plus souvent. Sans oublier la part considérable que prennent les usagers eux-mêmes à la solution de leurs difficultés, avec ou sans aides publiques.

Nous pensons qu’il faut repartir de ce que tous ces acteurs de l’action sociale ont à dire, à faire savoir, et pas seulement des analyses globales relatives à la prétendue crise de l’État-providence dans le tournant économique. Les deux approches sont en réalité complémentaires. C’est cette synthèse que nous voulons réaliser et, dès octobre prochain, ce sera sous la forme de cahiers de doléances et de propositions, à remettre aux autorités publiques et autres décideurs en matière d’intervention sociale.

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mercredi 29 septembre 2004
Réunion de la Coordination33 du MARDI 12 OCTOBRE 2004

Cette réunion a donné lieu à divers points de situation sur les différents secteurs du social, sur les avant-projets ou projets de loi en cours, les restructurations et réorganisations des services et leurs conséquences sur les usagers et sur notre pratique, sur les actions à mener prochainement...

Un 4 pages est en cours d’élaboration, les articles seront remis à la prochaine réunion du bureau, et seront visibles sur ce site.

Pour vous procurer ou recevoir le 4 pages, envoyez un message à : coordination33@9online.fr

Prochaine réunion le 18 novembre au local de AC ! 51 rue Bouquières, 20h30

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lundi 28 juin 2004
COMMUNIQUE DE PRESSE

Suite au congrès de l’ANAS (Association Nationale des Assistants Sociaux) qui a eu lieu à Bordeaux Lac entre les 16 et 18 juin 2004, la Coordination 33 des travailleurs sociaux en lutte a eu la satisfaction d’apprendre officiellement, par la voix d’Alain Régnier, directeur de cabinet de Madame OLIN, ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l’exclusion et de Madame FAYET, 1ère adjointe à la mairie de Bordeaux, la disparition de l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance. En effet, ce projet concocté par Nicolas SARKOZY remettait en cause un des fondements du travail social à savoir : le secret professionnel. En voici un extrait : « Tout professionnel qui intervient au bénéfice d’une personne présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles, est tenu d’en informer le maire de la commune de résidence ou la personne par lui désignée aux fins de le substituer. » Les journées de mobilisation des 17 mars et 21 avril 2004 ressemblant des milliers de personnes sont parvenues à faire reculer le gouvernement. Mais visiblement, tout n’est pas abandonné, car d’après Mme FAYET, (cf article du SUD OUEST du 17 juin 2004) , ce n’était qu’« un ballon d’essai »… De même, elle parle d’un SARKOZY « un peu provoc’ », qualifiant de façon bien légère l’attitude d’un ministre méprisant profondément les citoyens et les intervenants sociaux qui se sont mobilisés contre son projet . Nous nous opposons sans ambiguité à toute tentative de ghettoisation et de stigmatisation d’une certaine catégorie de la population déjà très affaiblie par la politique d’exclusion sociale menée par le gouvernement . Ce projet de loi faisait l’amalgame entre précarité et délinquance .Pourtant la délinquance en col blanc existe aussi chez « nos élites dirigeantes » : les inculpations de Messieurs BALKANY, JUPPE, LONGUET, et autres industriels tel que Monsieur MESSIER le démontrent . Alors, à quand un projet de loi pour la prévention de la délinquance en col blanc ? La coordination 33 des travailleurs sociaux en lutte sera toujours vigilante à l’égard d’un nouveau projet de loi sur la prévention de la délinquance annoncé par le ministère des affaires sociales. Elle n’hésitera pas à faire appel à de nouvelles journées de mobilisation si son contenu comporte les mêmes visées répressives et sécuritaires que l’ancien projet de loi SARKOZY, « qui constituait un véritable appel à la violence et à la rupture sociale », et comme poursuivait le philosophe Miguel BENASAYAG, (licencié depuis de France culture…) « c’est une attaque en réel contre tous les principes de base de toute action de l’éducation, à savoir : la confiance »… La Coordination33 des travailleurs sociaux en lutte vous invite à la prochaine réunion de rentrée qui aura lieu le 14 septembre à 20h30 à l’Athénée Municipal de Bordeaux.

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samedi 26 juin 2004
Faut-il détruire le capitalisme ?

par Michel Lapeyre, Psychanalyste

Quelqu’un m’a posé récemment une question qui me travaille encore : est-ce que le capitalisme fait partie de l’humain ? Ma réponse maintenant serait que le capitalisme n’est rien d’autre qu’une aide idiote à l’humanité (souffrante et pensante et parlante), la plus imbécile qui soit, puisque le capitalisme, c’est ce qui pousse l’homme sur sa pente la pire, celle de la destruction et de l’autodestruction, la plus criminelle, parce que son système et son discours accentuent la tendance " humaine, trop humaine " à obéir, à se soumettre, à se livrer, à se plier à quoi, en fin de compte ? À la pulsion de mort, et ce plutôt que de s’y mesurer et pour n’avoir pas à en répondre, pour pire encore, soit se dispenser d’en faire son affaire. Qu’est-ce qu’il propose, le capitalisme ? La substitution (c’est son maître mot, bien caché) de la consommation jusqu’à l’addiction , de la performance jusqu’au passage à l’acte , du self made man jusqu’à l’état-limite , à l’audace de la demande, à la liberté du désir et à la responsabilité de l’acte. À l’insatisfaction et à l’imperfection foncières et radicales de l’homme, le capitalisme pallie par la surenchère et l’exhibition, tout en prétendant nous guérir de la facticité de l’existence humaine (l’incommodité de sa situation) et nous débarrasser de l’absurdité de la condition humaine (le poids de ses limites et de ses devoirs). Le capitalisme, c’est le fait humain mais contrefait. Mais c’est une drôle de contrefaçon de l’humain. C’est le Canada Dry de l’humanité : ça ressemble à l’humain, mais ce n’est pas de l’humain. Ou plutôt, bien pire encore que le pire de l’humain, que l’inhumain lui-même, c’est une humanité toujours plus bafouée, où l’un ressemble à l’autre, où tout un chacun est comme tout un chacun, tous du pareil au même, hommes sans qualités, " hommes sans gravité ", une espèce de clones où l’humain n’est plus appelé qu’à s’évanouir et à disparaître : se perdre dans la honte et le ridicule, s’égarer dans la folie et le crime. Le capitalisme ? Ni semblant, ni simulacre, ni simulation, mais dissimulation, décri, dédit de l’humilité de l’humain. À l’inverse, du moins si elle va jusqu’au bout d’elle-même, là où elle se dépasse (d’)elle-même ou se laisse dépasser (par) elle-même, la création est destinée à déboucher sur ce qui fait l’insubstituable, l’irremplaçable, l’incomparable, l’irrécupérable, l’indispensable de tout homme, de chaque parlêtre, du sujet comme " un-entre-autres ". Faut-il détruire le capitalisme ? Je suis persuadé que oui. Et surtout qu’il faut promouvoir, pour cela et plus encore pour que la vie humaine reste vivante et demeure humaine, la création comme chance, pari, rencontre et grâce. Et je suis convaincu qu’il faut faire vite avant que le capitalisme ne nous détruise. Définitivement.

On dit : " Il faut y passer, il faut en passer par là. " Oui, mais par quoi ? Par le capitalisme, qui est un " jouir à tout prix ", qui propose " un monde sans limite(s) " (C. Melman, J.-P. Lebrun), qui nous enchaîne à la consommation jusqu’à la consumation, où nous nous livrons à notre voracité jusqu’à finir par nous dévorer nous-mêmes, où nous nous ravalons à notre pouvoir de destruction (y a-t-il un autre pouvoir que celui-là ?) jusqu’à aboutir à nous détruire nous-mêmes, et où nous ne rencontrons plus guère que des pâles copies de nous-mêmes, entre zombis et démons, vampires ou anges, mais sans corps et sans sexe, dans l’univers du virtuel où il faut que ça saigne et que ça s’exhibe, que la figure humaine soit réduite au sang qui coule et à la viande à vif (Bacon, Orlan) pour retrouver un peu (les couleurs de) la vie ? Retour, mais dans le réel, retour féroce et obscène, de quoi au fond ? Comment ce qui s’est présenté un temps comme une libération formidable et progressiste (" il est interdit d’interdire ", " jouir sans entraves ") est-il devenu ainsi un commandement absolu, on pourrait dire presque un nouvel impératif catégorique sauf que c’est une loi sans dialectique ? Comment ce qui était, semblait-il, une permission enfin accordée est-il ainsi advenu telle une obligation plus pesante à la longue qu’aucune règle ? La psychanalyse nous aide ici à répondre : ce n’est pas par une subite dégradation morale ou une perte insensée de valeurs, mais du fait d’un évitement de la castration, Lacan parle même de " forclusion " de la castration. Ce qui veut dire que tout se passe " comme si " elle n’existait pas, comme s’il n’y avait pas ou plus de limites non pas tant à respecter que plutôt à rencontrer et à prendre en compte comme telles. Évidemment que le capitalisme n’a aucun mal à nous faire croire que tout est possible, puisque c’est ce que nous voudrions. Mais, au fond, ce que veut dire la castration, c’est que le possible n’est pas tout : il y a aussi du nécessaire, de l’impossible, et du contingent aussi. Y passer, en passer par le capitalisme, sans au moins essayer de faire un pas de côté, sans chercher si peu que ce soit à ne pas s’y mettre tout entier (c’est-à-dire sans une réserve, même minime, du genre " là, je ne marche plus " ou " je n’y laisserai pas ma peau "), est-ce que ça existe seulement ? Est-ce que ce serait autre chose que le sacrifice aux dieux obscurs, l’engloutissement dans et par le marché et la science de tout un chacun, sans reste et sans perte, sans trace ni souvenir ? On peut donc penser qu’un " y passer ", un " en passer par là ", n’équivaut pas forcément, et même pas du tout, à se ranger, pour s’y soumettre, du côté des " lois " du marché et de la science qui ne font rien qu’oublier : suturer et exclure le sujet, forclore la castration, mépriser la vérité. En tout cas pour ce qu’il en est d’être, de devenir, de demeurer humain, c’est-à-dire animal parlant, parlêtre. Car s’il n’y a pas de définition de l’humain qui vaille et qui tienne, c’est parce que l’humain c’est " ce qui reste " (cf. Agamben) même une fois passé : non pas même malgré qu’il le soit (passé !) mais à cause de cela et plus encore grâce à cela. Le capitalisme au contraire est un négationnisme, il n’a de cesse (même et surtout quand il se réclame et se remparde de la démocratie et des droits de l’homme) de nier, dénier, désavouer, démentir l’humain, de le dissoudre, de le passer par pertes et profits. Si l’on tient à la création (comme inhérente à l’humain en tant qu’il comporte aussi l’inhumain), il faut donc savoir, apprendre, chercher à : renoncer au capitalisme, rompre avec le capitalisme, sortir du capitalisme, en finir avec le capitalisme ?

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jeudi 17 juin 2004
Les acteurs sociaux soulagés : Francis Schwarz

Article de SUD OUEST

Les 250 congressistes des trois journées d’étude sur le thème « travail social et démocratie », réunis à Bordeaux-Lac, à l’initiative de l’Association nationale des assistants sociaux, ont eu la satisfaction d’apprendre officiellement la disparition de l’avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance concocté par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Après une intervention vantant les avantages de la décentralisation, accompagnée d’un contrôle lors d’une délégation de compétence, de la nécessité de s’adapter aux différents publics, Alain Régnier, directeur de cabinet de Nelly Olin, ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l’exclusion, a créé une surprise certaine. « Le projet de M.Sarkozy n’a jamais été le projet du gouvernement. Il n’a jamais été validé. Et ce projet n’a pas été repris par M. de Villepin. Ce projet n’est pas non plus sur la table du gouvernement Raffarin 3 » a expliqué Alain Régnier. « Le gouvernement retravaille néanmoins sur un plan de prévention de la délinquance mais pour Mme Olin il ne faut pas stigmatiser les jeunes. Nous aurons des propositions à faire en lien avec le ministère de l’Intérieur ». Les grandes lignes seront connues en juillet. Véronique Fayet, adjointe bordelaise aux affaires sociales, a même confirmé « je n’ai jamais trop cru à la proposition de M. Sarkozy. J’ai pris cela comme un ballon d’essai. Sarkozy est un peu provoc ! »... « son projet n’était pas validé par l’Association des maires de France. D’ailleurs le maire de Bordeaux n’aurait pas voulu avoir chaque matin une liste de 200 personnes sur son bureau ». Aussi « Je me sens agressée par le tract du collectif ».

Un réquisitoire. En début de matinée, alors que Gilles Savary, vice-président du Conseil général, inaugurait le congrès en présence de Didier Dubasque, président national, et de Dominique Galipienso, présidente en Gironde, la coordination des travailleurs sociaux en lutte (dont fait partie l’ANAS) faisait en effet distribuer un tract d’information assez percutant. On frôlait l’incident diplomatique. Morceaux choisis : « Mme Fayet a défendu les lois anti-mendicité visant à augmenter la répression des SDF, et des routards, les empêchant de faire la manche et de se réunir. Elle n’a pas hésité à faire le distinguo entre mendicité passive et mendicité agressive. Comme si les contrôles de papiers se faisaient dans la courtoisie et la tolérance... La mairie de Bordeaux n’est tout de même pas un exemple de progressisme social... » Didier Dubasque calmait le jeu en expliquant avoir « proposé au collectif de s’exprimer dans un débat démocratique. Nous sommes désolés. Nous nous interdisons d’inviter ou de ne pas inviter un élu en fonction de sa couleur politique, hormis l’extrême droite. Un nouveau projet de loi est en préparation rien à voir avec le précédent et nous allons travailler ce plan de prévention de la délinquance avec le ministère de Tutelle , pas celui des flics, mais celui du social ».

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