
Délégations du collectif : SUD - FSU - CFDT - FO - CGT
Les échanges ont eu lieu entre 11h45 et 13h. Le directeur de cabinet a reçu la délégation en interpellant ses membres sur le fait que la mobilisation était moindre en rapport à celle qui avait été observée le 17 mars 04. Ce dernier a ensuite donné la parole aux représentants des organisations syndicales, tout en précisant que si nous attendions de lui qu’il nous annonce le retrait du texte, il n’était pas missionné pour nous annoncer cela.
Les membres de la délégation se sont exprimés à tour de rôle, posant en préambule le fait que la coordination des travailleurs sociaux en lutte 33 fédérait le mouvement et que chacun s’exprimait au titre de son organisation, mais également au nom du collectif unitaire. Il a été rappelé avec insistance au chef de cabinet du préfet que la coordination était prévue dans la délégation mais que celle-ci avait été refoulée dans la mesure seulement 5 personne pouvait accéder à l’espace de parole qui nous été proposé. Face au blocage qui nous était opposé, c’est la personne représentant la coordination qui s’est retirée. Les interventions ont été complémentaires abordant successivement la question du secret professionnel, de la vidéo surveillance, la confusion entre prévention et répression, le rôle des maires, l’irrespect de cet appel à la délation alors que la loi du 2 janvier 02 sur le droit des usagers,… M. Bouabane nous a ensuite confirmé, non sans ironie, que nous avions frappé à la bonne porte puisque les questions que nous posions étaient dans le champs des compétences du préfet, compétences partagées pour certaines avec le président du conseil général.
Il a ensuite pris longuement la parole pour nous dire qu’un changement de gouvernement s’était produit et que ceux-ci étaient plus que significatifs, ce que les médiats n’avaient pas suffisamment relayé. (Tiens, tiens.) Il a commenté la nomination remarquée de Jean-Louis Borloo dont le ministère est celui qui connaît le moins de restrictions budgétaires, selon lui, « le logement et le social ne sont sommes toutes pas aussi éloigné que cela ». Nous lui avons rappelé que nous n’étions pas venu pour évoquer la politique du logement même si nous pouvions lui démontrer que nous détenions des informations et des éléments contradictoires.
(Borloo serait-il mis en avant comme caution morale du gouvernement Raffarin 3 ?) Ce recentrant sur le sujet du projet de loi il nous a confirmé l’existence de cet avant-projet de loi, connaissant l’un des rédacteurs du texte. Il a évoqué le fait que ce texte n’était qu’un chantier ouvert et qu’il existait des « espaces de possible pour le débat, pour certaines notions, rien n’étant définitivement figé » Selon lui, contrairement à ce que nous lui avions renvoyé, l’objectif n’est pas d’exclure au contraire. « Il faut pourtant faire mieux », M. Bouabane disant qu’après des décennies de prévention qui avait échoué massivement, il était temps de passer à autre chose. Nous lui avons rétorqué que le répressif bénéficiait de moyens qui n’avaient jamais étés attribués à la prévention et qu’à ce titre le secteur n’avait jamais été doté de moyen lui permettant de « réussir ». A lui d’évoquer le bilan du ministère de l’intérieur en matière de délinquance, en utilisant le « on » lorsqu’il s’agissait de parler du gouvernement. (Au moins cela avait le mérite d’être clair, nous savions à qui nous avions à faire). Toujours selon ce chef de cabinet, l’objectif du projet de loi est d’améliorer la circulation des informations de sorte d’optimiser les réseaux d’information ce qui permettra inévitablement de lutter encore plus efficacement contre la délinquance.
A nouveau nous sommes intervenus parfois de façon vive et délibérément brusque, pour stopper la plaidoirie en faveur du bilan gouvernemental. Nous avions face à nous un mur politique, convaincu du bien fondé de ce projet de loi. Nous avons attiré son attention sur le risque d’aboutir à un effet contre productif de ces mesures en terme de violence et de ressentiment à l’égard de la société. Les travailleurs sociaux restent à ce jour parmi les seuls à représenter la loi et offrir des espaces de dialogue et d’ouverture pour les populations en difficulté.
Nous avons signifié que nous ne voulions pas de négociations autour d’un tel texte, c’est son retrait pur et simple que nous étions venu réclamer, de plus le secteur social devait être doté de moyens importants pour effectuer un réel travail de prévention dans le respect des règles éthiques et déontologiques de nos professions. L’autisme du gouvernement aux mouvements sociaux se paierait très cher.
En fin d’entretien, tout en nous raccompagnant, M. Bouabane nous a interrogé sur la situation sociale en particulier celle des « travailleurs pauvres ». L’objectif de cette question nous est apparu obscur, ce qui nous a amené à rester réservés dans nos réponses.
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Manifestation à Bordeaux Mercredi 21 Avril, à 10h Place Pey Berland
Le 17 MARS dernier, près de 2000 personnes à Bordeaux, 10000 à paris, et beaucoup d’autres encore dans toutes les grandes villes de France, ont défilé contre l’avant projet de loi de prévention de la délinquance. Au cours de cette journée le ministère de l’intérieur niait effrontément l’existence d’un tel projet. Dans le même temps, la délégation de manifestants reçus au ministère des affaires sociales entendait le secrétaire de cabinet de M. FILLON, atténuer la portée des dispositions de ce texte, reconnaissant ainsi implicitement son existence. Le succès de la mobilisation des personnels de l’action sociale s’est rapidement fait sentir, puisque le 23 Mars nous disposions d’une nouvelle version de l’avant projet, dite « version 8 ».
Malgré une rédaction volontairement modérée, l’esprit délétère et stigmatisant du texte perdure. Changeons les mots mais pas le fond. La définition comportementaliste de la prévention de la délinquance reste la même et continue de nier le malaise des auteurs d’infraction. Art. " La politique de prévention de la délinquance a pour objectif de contribuer à l’amélioration durable de là sécurité… Bien que les professionnels de l’action sociale ne soient pas nommément désignés, ils restent concernés par les dispositions de ce texte Article L. 135-1 (chapitre 5). Les personnes qui soit par état ou par profession soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire interviennent au bénéfice d’une personne présentant des difficultés sociales ou éducatives sont habilitées à se communiquer réciproquement tous renseignements et documents nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Cet article étend « le devoir de délation » des populations en difficulté, à tous les services ayant mission de service public. La mise en place d’un état policier s’affirme en confirmant la mise sous tutelle des maires et des conseils généraux, en accentuant le rôle déterminant de la politique du ministère de l’intérieur, via les préfets. Article 2 : L ’Etat détermine les orientations nationales de la prévention de la délinquance dans le cadre d’un comité interministériel qui arrête une directive pluri-annuelle sur proposition du Ministre de 1’intérieur au vu d’une évaluation des conditions d’exécution de la présente loi…. Cette politique est animée et coordonnée localement par le maire, ou, le cas échéant, le président de I’établissement public de coopération intercommunale compétent dans le cadre des instances locales de coopération pour la prévention de la délinquance. Elle associe les services et les forces dont dispose l’Etat en matière de prévention de la délinquance, dont le représentant de L’état dans le département dirige l’action. Le représentant de l’Etat dans le département s’assure de la cohérence des actions menées avec les orientations nationales arrêtées par le Gouvernement. Aujourd’hui les ministères de l’intérieur et des affaires sociales font mine d’avoir pris acte de la mobilisation des professionnels et des étudiants de l’action sociale, en tentant de faire croire à un remodelage de l’avant projet SARKOZY. Mais les dangers du texte perdurent.
Nous appelons les élus, les citoyens, les professionnels de l’action sociale de milieu ouvert, d’internat à poursuivre la lutte, pour réclamer le retrait pur et simple de l’avant projet.
Nous appelons à faire grève et à manifester
MERCREDI 21 AVRIL 2004 à 10H place Pey-Berland
Le Collectif Unitaire Départemental : UFAS CGT -FSU - CNT- SUD santé sociaux - SUD Collectivités Territoriales - CFDT santé sociaux 33 - SARPS - SNPES PJJ/ FSU- Syndicat de la Magistrature - FO service public et de santé 33 - AC ! - APEIS - LDH - ANAS 33 - Collectif des Formateurs en Travail Social - Collectif des Etudiants de l’IRTS de Talence - Coordination 33 des Travailleurs Sociaux en Lutte.
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Nous, professionnels du champ social, médico-social et éducatif refusons de participer à la stigmatisation des populations. Nous concevons nos missions dans le respect des droits fondamentaux et revendiquons pour tous l’égalité de droits et de traitements sur l’ensemble du territoire. A ce titre Nous exigeons l’abandon de l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance. Nous refusons dès à présent d’appliquer les dispositions inscrites dans les protocoles, conventions et contrats de travail déjà mis en place dans certains départements, qui obligent les travailleurs sociaux à rendre publiques des informations confidentielles reçues dans le cadre d’une relation de confiance, garantie par leur déontologie professionnelle. Il est hors de question de considérer toute personne en difficulté sociale, éducative ou matérielle comme un délinquant potentiel. Dans un des pays dont la puissance économique pourrait permettre d’autres choix, les politiques actuelles génèrent des régressions sociales sans précédent. Pour faire respecter les droits des personnes et répondre à leurs besoins, il est indispensable de recourir à des professionnels formés, qualifiés et reconnus dans leurs compétences. Nous refusons l’obligation de délation qui anéantit toute politique de prévention et d’accompagnement des personnes. Nous refusons tout amalgame entre le champ du social, de l’éducatif de la santé et le champ du répressif et du sécuritaire. Nous refusons catégoriquement toute action commune comme toute formation qui entraîneraient une confusion des interventions et la perte du sens de nos métiers. Le travail social ne peut se faire sans une politique sociale ambitieuse : priorité nationale du logement, protection sociale, travail, éducation, santé... Il faut également donner aux professionnels de ces secteurs des moyens de remplir toutes leurs missions. Nous réaffirmons notre volonté de ne pas faire entrer ces secteurs dans le domaine de la marchandisation tel que le propose le MEDEF. Nous résisterons à la mise en place de ces projets et nous appelons à la désobéissance en refusant demain d’appliquer les dispositions contenues dans l’avant projet de loi et dès aujourd’hui celles contenues dans les conventions et protocoles déjà en vigueur. Les signataires de ce texte s’engagent à être solidaires des professionnels qui subiraient toutes formes de répression. Dés à présent nous organisons un réseau de vigilance. Nous appelons à la mobilisation pour lutter contre ce projet de société qui criminalise les pauvres, les jeunes et toutes personnes « dites » en difficulté.
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Cette société là, on n’en veut pas !
Nous, professionnels du social, de santé, de l’éducation et de la justice, animateurs, étudiants, formateurs en travail social et enseignants... nous nous mobilisons contre le projet de loi dit « prévention de la délinquance ». L’ensemble de la population est concerné ! Pourquoi ? Ce projet de loi participe à la construction d’une société basée sur l’exclusion, le contrôle et la répression. Le texte contraint entre autre, ces professionnels à signaler aux maires « toutes personnes présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles ». Il oblige donc à rendre publiques des informations confidentielles reçues dans un cadre professionnel fondé sur une relation de confiance. Les personnes dénoncées pourraient être : Un enfant s’absente souvent de l’école. Nous devons le dénoncer au maire et les parents seront convoqués afin de suivre un stage de parentalité et devront payer une amende de 750 euros. Est-ce la solution ? Une personne perdant son travail Une personne malade Une personne se trouvant en situation de séparation Une famille ayant des difficultés financières Un élève en situation d’échec scolaire Ces situations font-elles de nous des coupables ? Notre société est de plus en plus ultra libérale. Les richesses ne profitent qu’aux riches. La protection sociale (sécurité sociale, assedic, CAF, retraite, santé) basée sur la solidarité et le partage, est mise à mal. En conséquence, un grand nombre de personnes basculent dans la pauvreté et l’exclusion. Le projet fait de chacun d’entre nous un délinquant potentiel. Nous ne pouvons pas laisser passer un tel projet de loi aussi liberticide et anti démocratique, bafouant tout le travail éducatif et de prévention. Nos professions sont fondées sur une relation de confiance sans jugement dans laquelle l’individu n’est pas suspecté mais au contraire respecté. Résistons ensemble pour une société où liberté, égalité et solidarité ne seront pas que des mots.
Le Collectif Unitaire Departemental :
UFAS CGT - FSU - CNT- SUD santé sociaux - SUD Collectivités Territoriales - SNPES PJJ FSU - CFDT santé sociaux 33 - SARPS - Syndicat de la Magistrature - FO service public et de santé 33 - AC ! - APEIS - LDH - ANAS 33 - Collectif des Formateurs en Travail Social - Collectif des Etudiants de l’IRTS de Talence - Coordination 33 des Travailleurs Sociaux en Lutte.
MANIFESTATION le mercredi 21 AVRIL 2004 à 10H place Pey Berland à Bordeaux
A.G à 14H à L’Athénée Municipal, place St Christoly
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Compte-rendu de la réunion du 30 mars 2004
Après un tour de table et d’échanges sur le contenu de cet avant projet, tous les participants ont exprimé une grande satisfaction quant à la mobilisation du 17 mars 2004. Sur le plan national, une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 21 avril 2004 proposée par le Collectif unitaire national.
Aujourd’hui, 2 textes sont en cours de réalisation, le 1er, « Appel à la population », le 2ème « la charte » destinée aux directions, employeurs, élus.
Dès que ces 2 textes nous parviendront ils seront massivement communiqués par mail, fax, courrier…
De plus nous contacterons toutes les organisations, syndicats, associations, collectifs et coordinations pour récolter leurs signatures localement.
Il a été décidé d’organiser une manifestation à Bordeaux le 21 avril 2004 à 10h place Pey Berland. Nous demanderons d’être reçus par le maire de Bordeaux, le Conseiller Général et le Préfet. Il est prévu une assemblée générale à 14h le même jour à l’Athénée municipal (lieu reste à confirmer)
Pour finir de préparer la mobilisation du 21 avril, qui nous l’espérons, sera encore plus massive, nous organisons une Assemblée Générale le 8 avril 2004 à 20h à l’Athénée Municipal (lieu sûr, L’ANAS33 a réservé la salle.)
A l’ordre du jour :
répartition pour la distribution des tracts,
proposition de slogans, banderoles, panneaux, animations, musique, cortège…etc
constitution des délégations, contact avec les médias, communiqué de presse.
(venez nombreux avec des propositions et des idées !)
Récapitulation des dates :
ASSEMBLEE GENERALE le 8 avril 2004 à 20h à l’Athénée Municipal, place St Christoly à Bordeaux
Manifestation à BORDEAUX le 21 avril 2004 à 10h place Pey Berland Assemblée générale à 14h le même jour à l’Athénée municipal (lieu reste à confirmer)
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coord 33
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Le désaveu électotal du 28 mars 2004 démontre les limites de la politique sécuritaire du gouvernement qui ne répond pas aux vraies questions que pose l’insécurité sociale. Au malaise social, le gouvernement Raffarin/Sarkozy a répondu par une série de lois sécuritaires : Loi d’orientation pour la sécurité intérieure, Loi d’ orientation pour la justice, Loi pour la sécurité intérieure, Loi pour l’ adaptation de la justice aux nouvelles formes de la criminalité, Loi sur la maîtrise de l’immigration, le séjour des étrangers en France et la nationalité.... Pénalisation accrue et stigmatisation de certaines catégories de la population, en constituent les maîtres mots. Dans le même temps, les garanties des libertés de tous ont été dévaluées : le maintien en liberté ne constitue plus le principe lorsqu’un débat sur la détention provisoire est organisé, le statut des magistrats du Parquet est gravement fragilisé alors qu’ils sont sensés assurer la garantie des libertés individuelles au stade de l’enquête policière dont le caractère contraignant est accentué, l’accès au juge en matière pénale est réduit par la création de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable....et les projets connus du gouvernement, comme le projet de loi sur la prévention de la délinquance restent inspirés par l’idée d’une société où le quadrillage disciplinaire et policier prévaudrait sur le travail social et où les rapports institutionnels se feraient sous le signe de la délation. Ces dispositions, s’inscrivent dans la suite du glissement du discours sécuritaire, atteignant son apogée au cours de la dernière campagne présidentielle, et auquel tous les partis de gouvernement ont participé. On se souviendra ainsi que certains acquis de la loi présomption d’innocence étaient déjà remis en discussion au jour du vote de la loi "Vaillant" sur la sécurité quotidienne de novembre 2001. On ne peut pas non plus oublier que certains Contrats Locaux de Sécurité portés par des élus de tous bords contenaient en eux mêmes les prémisses du projet Sarkozy sur la prévention de la délinquance. Ces questions ont été peu abordées au cours de la présente campagne électorale, alors même que la mobilisation récente sur la loi Perben II, et sur le projet de loi prévention de la délinquance leur donnait une grande actualité. Le Syndicat de la Magistrature demande donc aux nouveaux élus d’indiquer clairement s’ils entendent rompre avec cette politique sécuritaire, dans les projets locaux auxquels ils sont amenés à s’associer, notamment au sein des CLSPD ( Contrats Locaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance). Le Syndicat de la Magistrature demande aux responsables politiques des partis représentant la gauche sortie victorieuse de ce scrutin, de prendre position en faveur de l’abrogation des lois liberticides.
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mercredi 31 mars à 20h30 à l’Athénée municipal de Bordeaux (place Saint-Christoly).
Elles appellent à discuter de la création de comité ou collectif « la Santé, un droit pour tous » et invitent les travailleurs, les usagers et les organisations à participer largement à cette réunion. Les attaques contre la Santé et la Protection sociale sont une nouvelle étape de l’offensive du gouvernement après celle contre les retraites. Après les enseignements des luttes de l’an passé, il est nécessaire d’unir nos forces pour faire face aux attaques du gouvernement et du Medef, pour imposer une autre répartition des richesses.
Bordeaux, le 26 mars 2004
Pour nous joindre : Attac 33 : 06.79.11.08.35 Solidaires 33 : 06.72.26.30.23 Les collectifs interpro : 06.21.26.59.49
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CETTE SOCIETE LA ON N’EN VEUT PAS
Le Collectif National Unitaire contre l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance, note que Monsieur Nicolas SARKOZY nie que ce projet existe et qu’aucune attaque ne serait faite à l’encontre du secret professionnel.
Lors de la Manifestation du 17 mars 2004, la délégation reçue au Ministère des Affaires Sociales a bien eu confirmation de l’existence de ce texte par l’intermédiaire de Monsieur SOUTROU chargé de Mission auprès de Monsieur FILLON et Madame SITRUC Conseillère technique chargée des Affaires Sociales. Dans son discours aux Préfets, relatif à la mise en place de diverses mesures concernant 23 quartiers sensibles, le 26 janvier 2004, Monsieur SARKOZY faisait lui-même référence à ces dispositions.
Si le retrait des dispositifs concernant la remise en cause du secret professionnel se confirmait, il reste néanmoins que la philosophie et les autres dispositions contenues dans ce texte restent tout aussi inquiétantes pour les professionnels et dangereuse pour l’ensemble de la population.
Le Collectif Unitaire, dénonce le fait que par l’intermédiaire de conventions, de protocoles ou de contrats de travail des orientations contenues dans les versions de l’avant projet de loi qui circulent sont déjà appliquées par les employeurs. De la même façon, à l’Education nationale, le nouveau décret concernant l’absentéisme reprend les mesures de ce texte.
Le Collectif Unitaire rappelle qu’il est indispensable que l’ensemble des professionnels puisse avoir des garanties fortes pour leur permettre d’exercer leurs missions en assurant aux usagers les garanties éthiques et déontologiques attachées à leurs professions.
Par ailleurs c’est sur l’ensemble de l’avant projet de loi que les organisations syndicales, collectifs et professionnels se sont fortement mobilisés le 17 mars dernier, en raison du projet de société sécuritaire et disciplinaire qui l’anime. Elles demandent l’abandon de ce texte qui contient bien des mesures liberticides…
La désignation par le Ministre de l’Intérieur de 23 quartiers à mettre « sous surveillance » et la liste des 50 établissements scolaires les plus touchés par le racket « repérés » par Luc Ferry Ministre de l’Education Nationale, préfigurent l’éventuelle application de ce texte. Elles confirment bien l’orientation politique du gouvernement vers des politiques sécuritaires.
Le collectif National revendique des politiques sociales ambitieuses et refuse tout amalgame qui ferait d’un jeune ou d’une personne en difficulté un délinquant potentiel.
LE COLLECTIF RESTE DETERMINE A SE BATTRE ET APPELLE A LA REUSSITE DE LA JOURNEE DU 21 AVRIL 2004.
CGT - FSU - SUD - Syndicat de la Magistrature - SNMPMI (Syndicat National des Médecins de PMI) - Union Syndicale G10 Solidaires - CNT - Coordination des Etudiants du Travail Social - Collectifs de Prévention spécialisée -AC ! - Ligue des Droits de l’Homme - APEIS - CFDT Cheminots - Collectif Informatique Fichiers et Citoyenneté - Collectif des formateurs en travail social - CPO (Conférence Permanente des Organisations professionnelles)
Contacts : D.ATLAN 06 11 73 89 93 J-Y BAILLON : 06 85 13 41 03 D. TACHOUCHE : 06 68 53 08 30 H. HEURTEBIZE : 06 82 96 67 30 F. BINOT : 06 83 20 48 07
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A Monsieur Dominique PERBEN Garde des Sceaux Ministre de la Justice 13 place Vendôme 75042 PARIS CEDEX 1
Bordeaux, le 18 mars 2004
Monsieur le Ministre,
La coordination des intervenants sociaux de la Gironde, dans le cadre des manifestations qu’elle a organisées, nous a saisi de sa crainte concernant les dispositions qui pourraient être prises dans le cadre de votre loi sur la prévention de la délinquance.
Ils s’inquiètent du risque qu’ils ont de devoir devenir des informateurs des pouvoirs politiques locaux, ce qui pourrait faire d’eux des délateurs et donner à leur mission une dimension plus répressive que préventive.
Conscient du risque de dérapage, je tiens à vous faire connaître ma totale désapprobation.
Par ailleurs, je pense que les diverses mesures prises par le Gouvernement concernant le secteur social, ne peuvent qu’aggraver les situations de précarité et porter atteinte aux individus mais aussi au droit égalitaire qui doit exister pour ce secteur sur l’ensemble du territoire.
Monsieur le Ministre, si on n’y prend garde, votre loi pourrait avoir des conséquences graves pour les populations à risques que nous n’avons pas le droit de considérer comme délinquante, elle pourrait aussi, en fonction de l’interprétation, modifier fondamentalement le rôle des travailleurs sociaux en les amenant sur un secteur d’activité qui remettrait en cause leur éthique professionnelle.
Il faut comprendre qu’un éducateur ne peut devenir collaborateur du répressif sans disqualifier son travail éducatif et préventif. Le rôle du travail social et particulièrement de la prévention spécialisée est d’éduquer les citoyens et futurs citoyens à la loi et à son respect. C’est dans cette mission qu’elle peut le plus utilement concourir à la prévention de la délinquance, plutôt que dans une mission ou en contribuant à devenir un auxiliaire de maintien de l’ordre, elle briserait la confiance nécessaire au lien éducatif.
L’émergence de comportements délinquants et violents chez quelques jeunes dans des quartiers sensibles ne doit pas conduire en stigmatisant ceux-ci à faire voler en éclat une conception du rôle que doivent avoir les travailleurs sociaux pour aller au devant de jeunes dont la société a grandement provoqué les comportements déviants.
Mettre en place de vraies instances de coopérations où les acteurs de la prévention puissent coopérer en confiance est une piste beaucoup plus prometteuse et porteuse de perspectives que celle qui met les travailleurs sociaux dans l’obligation de rapporter.
C’est dans cette optique que nous continuerons à travailler en Gironde par le biais de conventions claires entre les parties qui permettent de définir le rôle et la place de chacun ainsi qu’un partenariat réellement basé sur la confiance.
Votre texte provoque inquiétude et colère. Je vous demande de bien vouloir le modifier en supprimant la partie concernée que nous ne saurions accepter en l’état.
Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments dévoués.
Le Président du Conseil Général,
Philippe MADRELLE Sénateur de la Gironde Conseiller Général Du Canton de Carbon-Blanc
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RESISTANCE CONTRE LA DELATION ORGANISEE
BORDEAUX - A l’appel de la « coordination 33 des travailleurs sociaux et de l’intersyndicale CGT, CFDT 33 santé-sociaux, SUD, FSU, SNPES-PJJ-FSU, CNT, ANAS 33, étudiants et formateurs de l’IRTS, d’Etcharry, du Syndicat de la magistrature et du SARPS.
La manifestation a réuni environ 2000 personnes de la région Aquitaine. Nous nous félicitons du succès de cette mobilisation. Plusieurs services éducatifs et sociaux ont été fermés ( services PJJ, CASE, club de Prévention et quelques CMS).
Cette mobilisation traduit l’extrême gravité que représente le projet de loi Sarkosy pour l’ensemble de la population, des secteurs de l’Education et du Social. Il s’agit d’une atteinte gravissime aux libertés individuelles, aux politiques municipales et aux orientations éducatives des associations des services publics et privés d’éducation.
Le Maire de Bordeaux n’a pas daigné nous recevoir. Une délégation a été reçue à la Préfecture et, après une longue négociation, une autre au Conseil Général. Celui-ci s’est engagé à mettre à l’ordre du jour de la prochaine assemblée des élus, le refus du projet de loi.
Nous interpellons également les Directions de chaque service et association pour qu’ils prennent position contre ce projet.
La mobilisation se poursuit et doit s’élargir jusqu’au retrait total du projet.
PROCHAINE REUNION LE JEUDI 25 MARS 20H à LA BOURSE DU TRAVAIL, cours Aristide Briand à BORDEAUX.
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